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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Comme un grain de sable

Jeudi 6 avril 2017

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 018 du 04 mai 2017)

Chaque chrétien devrait consacrer un jour à la «mémoire» pour relire son histoire personnelle en l’insérant dans l’histoire d’un peuple: «Je ne suis pas seul, je suis un peuple», un «peuple rêvé par Dieu». En partant de la liturgie de la parole qui présente la figure d’Abraham, père dans la foi, le Pape a observé qu’en temps de Carême, le croyant est souvent encouragé «à s’arrêter un peu et à penser». Ce n’est pas un hasard si les deux passages de l’Ecriture de la liturgie du jour (Gn 17, 3-9 et Jn 8, 51-59) disent: «Arrête-toi. Arrête-toi un peu. Pense à ton père». Et au centre de l’attention il y a Abraham. Quels sont alors les aspects fondamentaux de l’histoire d’Abraham dont il est important de faire mémoire? Avant tout, il «obéit quand il fut appelé pour s’en aller, et s’en aller dans une autre terre qu’il devait recevoir en héritage». C’est-à-dire qu’Abraham «se fia. Il obéit. Et il s’en alla sans savoir où il allait». Ce fut donc un «homme de foi, un homme d’espérance». «Mis à l’épreuve, après avoir eu son enfant», ensuite, quand le garçon devint adolescent, «il lui fut demandé de l’offrir en sacrifice: il obéit et alla de l’avant contre toute espérance». Voilà qui est «notre père Abraham»: quelqu’un «qui va de l’avant, de l’avant, de l’avant». La grandeur du patriarche a été fondée sur un «pacte» avec Dieu. «De la part d’Abraham», il y a eu «l’obéissance: il obéit toujours». De la part de Dieu, une promesse: tu ne t’appelleras plus Abram mais Abraham, parce que père d’une multitude de nations». Et Abraham a cru. Le Pape s’est arrêté sur la beauté et la grandeur de la promesse de Dieu qui dit à Abraham, qui «avait cent ans sans enfants, avec une femme stérile»: «Je te rendrai très fécond. Je ferai de toi des nations et de toi sortiront des rois». Puis, dans un autre dialogue: «“Ecoute, regarde le ciel: es-tu capable de compter les étoiles?” — “oh non, c’est impossible... ” — “C’est ainsi que sera ta descendance. Regarde la plage de la mer: es-tu capable de compter chaque grain de ce sable?” — “Mais c’est impossible!” — “C’est ainsi que sera ta descendance”». Puis, passant à la vie quotidienne, François a souligné: «Aujourd’hui, en obéissance à l’invitation de l’Eglise, nous nous arrêtons et nous pouvons dire, en vérité: “Je suis l’une de ces étoiles. Je suis un grain de sable”». Mais le lien avec Abraham ne définit pas à lui seul l’identité chrétienne: «Nous sommes fils d’Abraham mais avant Abraham, il y a un autre Père et avant nous, il y a un autre Fils. Et avant nous, il y a un autre Fils. Et dans notre histoire, entre notre père Abraham et nous, il y a l’autre histoire, la grande, l’histoire du Père des cieux et de Jésus». Chaque chrétien est donc invité à «regarder l’histoire» et à se rendre compte: «Je ne suis pas seul, je suis un peuple». A partir de cette conscience, «nous pouvons regarder le Père, rendre grâce; regarder Jésus, rendre grâce; et regarder Abraham et nous, qui faisons partie du chemin». Le Pape a suggéré à la fin un exercice pratique: «Faisons d’aujourd’hui un jour de mémoire» pour comprendre que «dans cette grande histoire, dans le cadre de Dieu et de Jésus, il y a la petite histoire de chacun de nous». C’est pourquoi «je vous invite à prendre aujourd’hui cinq, dix minutes, assis, sans radio, sans télévision; assis et penser à votre histoire: les bénédictions et les soucis, tout. Les grâces et les péchés: tout». Chacun, dans cette mémoire, pourra rencontrer «la fidélité de ce Dieu qui est resté fidèle à son alliance, à la promesse qu’il avait faite à Abraham, au salut qu’il avait promis dans son Fils Jésus». «Je suis certain qu’au milieu des choses sans doute laides, nous découvrirons la beauté de l’amour de Dieu, de sa miséricorde, de l’espérance. Et je suis certain que nous serons emplis de joie».

 



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